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self-service, vitrines, buffets

Digitaliser l'HACCP en cafétéria

En cafétéria, le risque se concentre sur ce qui est exposé : vitrines réfrigérées, linéaires, buffets chauds et froids, en libre-service. Digitaliser l'HACCP, c'est faire relever ces températures pendant le service, à chaque chargement, avec l'heure et la photo, et tracer ce qui sort de la vitrine. Avant cela, une question fixe vos obligations : votre cafétéria relève-t-elle de la restauration commerciale ou de la restauration collective ?

Mis à jour le 25/10/2026

Commerciale ou collective : deux régimes, deux listes de relevés

L'arrêté du 21 décembre 2009 définit la restauration collective comme la fourniture de repas à une collectivité de consommateurs réguliers, liée par accord ou par contrat. Un restaurant d'entreprise ou inter-entreprises entre dans cette définition. Une cafétéria de centre commercial ou d'aire d'autoroute, ouverte à tout client de passage, relève de la restauration commerciale.

La différence a des conséquences concrètes. Les règles particulières de l'annexe IV de l'arrêté (refroidissement rapide, remise en température, plats témoins) visent les établissements de restauration collective, selon son article 6. À l'inverse, le décret du 24 juin 2011 impose aux « cafétérias et autres libres-services » de la restauration commerciale d'avoir au moins une personne formée à l'hygiène alimentaire dans leur effectif.

Ce qui change selon le régime
ObligationCafétéria commercialeRestaurant d'entreprise (collectif)
Plan de maîtrise sanitaireouioui
Températures de l'annexe I de l'arrêté de 2009ouioui
Annexe IV : refroidissement, remise en température, plats témoinsnon visée par l'article 6oui
Personne formée à l'hygiène dans l'effectif (décret 2011-731)oui, les cafétérias sont citéesnon visé par le décret ; le guide DGAL demande de former et documenter tout le personnel qui manipule des denrées
Information sur les 14 allergènesouioui

La formation exigée des cafétérias commerciales dure quatorze heures selon l'arrêté du 5 octobre 2011. Si vous exploitez à la fois des cafétérias ouvertes au public et des restaurants d'entreprise, vos checklists ne peuvent pas être identiques sur tous les sites : c'est le premier réglage à faire.

Les températures en vitrine et au buffet

L'annexe I de l'arrêté de 2009 fixe une seule colonne pour les établissements de remise directe et de restauration collective. Ce sont les bornes que vos relevés de vitrines et de linéaires doivent porter.

Températures maximales et minimales (arrêté du 21 décembre 2009, annexe I)
Produit exposéTempérature
Préparations culinaires élaborées à l'avance+3 °C maximum
Produits de la pêche frais, crustacés et mollusques cuits réfrigérés+2 °C maximum
Viandes hachées+2 °C maximum
Autres denrées très périssables+4 °C maximum
Autres denrées périssables+8 °C maximum
Produits préemballés (yaourts, fromages en portion, desserts industriels)température indiquée par le fabricant
Plats chauds remis au consommateur+63 °C minimum

L'article 3 de l'arrêté admet d'autres températures si elles s'appuient sur un guide de bonnes pratiques validé ou sur une analyse des dangers validée. Sans ce justificatif, ce sont les valeurs ci-dessus qui s'appliquent au contrôle.

Pour un restaurant d'entreprise, l'annexe IV ajoute une tolérance pour les plats servis froids : sortis du froid au plus près de la consommation, dans les deux heures, à +10 °C maximum. Cette tolérance figure dans l'annexe IV, réservée à la restauration collective : une cafétéria commerciale qui veut l'appliquer doit s'appuyer sur un guide de bonnes pratiques validé ou sur son analyse des dangers, comme le prévoit l'article 3.

Relever pendant le service, pas seulement à l'ouverture

Une chambre froide se relève matin et soir. Une vitrine ouverte ou un bain-marie ne se comporte pas comme ça : la température varie avec les ouvertures, le chargement et l'affluence. Le guide de la DGAL pour la restauration collective donne une méthode transposable à toute cafétéria :

Ce rythme est difficile à tenir sur papier, parce qu'il dépend du moment du service et non d'une heure fixe. Une checklist ciblée sur le poste vitrine, déclenchée par créneau, avec une photo du thermomètre à chaque relevé, rend ces contrôles vérifiables par le manager après coup.

Le guide DGAL recommande de conserver trois ans les enregistrements des non-conformités constatées en distribution et des mesures correctives prises. Sur trois ans, un réseau de vitrines produit des milliers de lignes : l'archivage numérique les rend consultables par date, par site et par équipement, ce qui permet aussi de repérer la vitrine dont les écarts se répètent.

En cas d'écart, le guide DGAL demande de chercher la cause : matériel mal réglé, bain-marie manquant d'eau, résistances entartrées, banque trop chargée ou mise en route trop tard. Ce sont des réponses à prévoir dans la checklist, pour que l'équipier note la cause et pas seulement le chiffre.

La rotation des produits exposés

Ce qui distingue une cafétéria d'une cuisine classique, c'est le temps passé par les produits sous les yeux des clients. Le guide DGAL pose des règles nettes pour la restauration collective :

Le même guide recommande de ne présenter que « le juste nécessaire » et de garder le reste en meubles fermés. En pratique, c'est une question de réassort fréquent en petites quantités, ce qui multiplie les manipulations à tracer. Pour une cafétéria commerciale, c'est votre plan de maîtrise sanitaire qui fixe la durée d'exposition et le sort des invendus, et le contrôleur vous demandera sur quoi il s'appuie.

Allergènes en libre-service

En self, le client se sert seul : personne ne répond à sa question au moment du choix. Le guide DGAL rappelle que l'information sur les 14 allergènes à déclaration obligatoire concerne toutes les préparations, et propose de la placer au plus près des produits, par exemple l'information sur les entrées froides à proximité immédiate du buffet de hors-d'œuvre.

L'affichage change avec chaque réassort ou changement de recette. Une procédure dans le manuel, avec accusé de lecture de chaque équipier de ligne, et un item de checklist « affichage allergènes conforme au menu du jour » rendent ce point vérifiable.

Ce que Staff Meal fait en cafétéria

Staff Meal est une application d'exploitation pensée pour les équipes de 15 personnes et plus, en bêta privée avec cinquante établissements accompagnés sur place. En cafétéria, elle couvre :

L'application ne lit pas les sondes des vitrines et n'imprime pas d'étiquettes : l'équipier saisit la valeur, la photo en fait la preuve. Les attentes de service en salle sont traitées dans les standards de service.

Réseaux de cafétérias : comparer les sites

Un réseau de cafétérias d'autoroute ou de centres commerciaux a le même problème partout : des équipes tournantes, des pics d'affluence et des vitrines identiques d'un site à l'autre. Une checklist créée une fois et déployée sur tous les sites donne des relevés comparables.

Le tableau de bord consolidé montre quel site saute le relevé de mi-service ou cumule les vitrines hors température. Quatre rôles, du propriétaire à l'équipier, séparent la vue réseau du directeur, la vue site du gérant et la liste de tâches de l'équipier. Avant d'étendre, faites tourner un site un mois puis auditez-le avec la checklist d'inspection.

Pour aller plus loin

et si l'outil le faisait

Staff Meal

L'application d'exploitation des restaurants à partir de 15 employés. Cinquante établissements accompagnés sur place.

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Questions fréquentes

Une cafétéria est-elle de la restauration collective ?

Pas forcément. Selon l'arrêté du 21 décembre 2009, la restauration collective sert des consommateurs réguliers liés par accord ou contrat, comme un restaurant d'entreprise. Une cafétéria ouverte à tout client de passage relève de la restauration commerciale, et le décret 2011-731 la cite parmi les établissements tenus d'avoir une personne formée à l'hygiène.

Quelle température pour une vitrine réfrigérée en cafétéria ?

Celle du produit le plus sensible exposé : +3 °C maximum pour les préparations élaborées à l'avance, +2 °C pour les produits de la pêche frais, +4 °C pour les autres denrées très périssables (arrêté du 21 décembre 2009, annexe I). Pour les produits préemballés, c'est la température indiquée par le fabricant.

À quelle température maintenir un buffet chaud ?

À +63 °C minimum pour les plats remis chauds au consommateur, selon l'annexe I de l'arrêté du 21 décembre 2009. Le bain-marie maintient la température mais ne réchauffe pas : le plat doit y arriver déjà chaud.

Les plats témoins sont-ils obligatoires en cafétéria ?

L'obligation figure à l'annexe IV de l'arrêté du 21 décembre 2009, qui vise la restauration collective. Un restaurant d'entreprise y est donc soumis : échantillons conservés au moins cinq jours entre 0 et +3 °C. Pour une cafétéria commerciale, vérifiez ce que prévoit votre propre plan de maîtrise sanitaire.

La formation hygiène est-elle obligatoire en cafétéria ?

Oui pour une cafétéria de restauration commerciale : au moins une personne de l'effectif doit justifier d'une formation en hygiène alimentaire, selon l'article D233-6 du code rural créé par le décret du 24 juin 2011. La formation dure quatorze heures selon l'arrêté du 5 octobre 2011.

Peut-on remettre en vitrine un produit invendu le lendemain ?

En restauration collective, le guide DGAL demande de jeter ce qui est passé sur la chaîne de service, hors produits préemballés tenus à leur température. En cafétéria commerciale, la règle est celle de votre plan de maîtrise sanitaire, qui doit pouvoir être justifiée au contrôle.

Sources