Bêta privée · 50 établissements accompagnés sur le terrainVoir le programme

patients fragiles, preuve exigée

Digitaliser l'HACCP en cuisine d'hôpital et d'EHPAD

Digitaliser l'HACCP d'une cuisine hospitalière, c'est remplacer les classeurs de relevés par des contrôles saisis sur le poste, au moment où ils sont faits, avec une heure, un auteur et une photo. Le règlement ne l'impose pas, mais il impose de prouver l'application du plan de maîtrise sanitaire. Face à des patients âgés ou immunodéprimés, c'est cette preuve que l'on vous demandera après un incident.

Mis à jour le 25/10/2026

Pourquoi l'hôpital est un cas à part

Les règles d'hygiène d'une cuisine hospitalière sont celles de toute la restauration collective : le règlement (CE) n° 852/2004 et l'arrêté du 21 décembre 2009. Ce qui change, c'est la population servie et donc la gravité d'un écart.

Santé publique France le documente pour la listériose : en 2024, l'âge médian des cas était de 76 ans et près de 9 cas sur 10 présentaient au moins une comorbidité. L'incidence atteignait 87 cas par million d'habitants chez les plus de 90 ans, contre 2,3 chez les moins de 60 ans. Les personnes âgées, immunodéprimées et les femmes enceintes sont désignées comme les plus à risque.

Autre point relevé par Santé publique France : les consignes d'éviction alimentaire sont difficiles à tenir dans la durée chez les personnes âgées ou immunodéprimées. En EHPAD comme en service de soins, la sécurité repose donc d'abord sur la cuisine, pas sur le choix du mangeur.

En établissement de santé, un relevé oublié n'est pas un défaut administratif. C'est une étape non maîtrisée sur un repas servi à des personnes qui tolèrent mal une contamination.

Ce que la réglementation exige de prouver

L'article 5 du règlement 852/2004 impose des procédures fondées sur les principes HACCP et des documents et dossiers, adaptés à la nature et à la taille de l'entreprise, « pour prouver l'application effective » des mesures. L'exploitant doit aussi démontrer cette conformité aux autorités et tenir à jour les documents qui décrivent ses procédures.

En cuisine hospitalière, les points qui reviennent à chaque contrôle sont fixés par l'annexe IV de l'arrêté du 21 décembre 2009 et précisés par la note de service DGAL/SDSSA/N2011-8117 :

Températures et délais en restauration collective (arrêté du 21 décembre 2009, note DGAL N2011-8117)
ÉtapeExigenceCe qu'il faut pouvoir montrer
Refroidissement rapideÀ cœur, de +63 °C à +10 °C en moins de 2 heures, puis stockage entre 0 et +3 °CHeure et température en début et en fin de refroidissement
Remise en températureÀ cœur, de +10 °C à +63 °C en moins d'1 heureHeure et température atteinte avant service
Liaison chaudeMaintien à +63 °C minimum jusqu'au serviceRelevés de maintien au chaud
Préparations élaborées à l'avance (liaison froide)Conservation à +3 °C maximum, DLC au plus tard à J+3 sans étude de durée de vieDate de fabrication et DLC sur chaque préparation
Plats servis froidsEntre 0 et +3 °C, sortis au plus tôt 2 heures avant consommation et sans dépasser +10 °CHeure de sortie de l'enceinte froide
Plats témoins80 à 100 g par plat, conservés au moins 5 jours entre 0 et +3 °CPrélèvement daté et identifié, pour chaque service

Ces valeurs peuvent être différentes si votre analyse des dangers les justifie. Sans cette justification écrite, ce sont elles qui s'appliquent. Un plat refroidi puis remis en température doit être consommé le jour même : la note DGAL exclut tout second refroidissement, y compris entre le service du midi et celui du soir.

La note précise enfin que, si le refroidissement ou la remise en température ne sont pas retenus comme points critiques, ils doivent tout de même faire l'objet d'une surveillance particulière.

Plats témoins : les règles propres à l'hôpital

Les plats témoins servent aux services de contrôle en cas de suspicion de toxi-infection alimentaire collective. La note DGAL N2011-8117 consacre plusieurs points aux situations hospitalières :

Sur papier, ces règles se perdent entre la cuisine centrale et les offices d'étage. Une checklist par office et par service, qui demande la photo du prélèvement étiqueté, rend l'oubli visible le jour même.

Excédents dans les offices d'étage

Les restes de service sont un autre point où l'hôpital se distingue, parce que les repas sont souvent produits dans une cuisine et distribués dans des offices. La note DGAL N2011-8117 pose deux règles différentes selon le mode de livraison :

Une checklist de fin de service par office, avec la décision prise pour chaque excédent, évite que ces règles reposent sur la mémoire de l'agent présent ce jour-là.

Allergènes et refus d'ingrédients

Le décret n° 2015-447 du 17 avril 2015 impose une information écrite sur les allergènes listés à l'annexe II du règlement (UE) n° 1169/2011, pour les denrées servies non préemballées.

En restauration collective, cette information n'est pas exigée au moment du repas si un dispositif permet au convive d'indiquer à l'avance qu'il refuse un ou plusieurs de ces ingrédients. Le document qui atteste ce refus doit alors être conservé trois ans après le dernier repas fourni.

Le décret prévoit aussi que chaque livraison de denrées à un établissement de restauration soit accompagnée d'un document portant l'information sur les allergènes. Quand une cuisine centrale livre les offices de plusieurs pavillons, ce document fait partie de ce que le contrôleur vérifiera.

Papier ou numérique : ce qui change en cuisine hospitalière

Point de contrôleClasseur papierRelevé numérique
Heure du relevéÉcrite à la main, souvent après coupEnregistrée automatiquement à la saisie
AuteurInitiales, parfois absentesCompte nominatif de l'agent
Preuve visuelleAucunePhoto horodatée du thermomètre ou du prélèvement
Écart de températureNoté sans suite visibleCommentaire et action corrective attachés au relevé
Offices d'étageFeuilles dispersées dans chaque serviceMêmes contrôles sur tous les postes, consultables depuis la direction
Recherche en cas de suspicion de TIACPlusieurs classeurs à feuilleterHistorique filtré par date, poste et plat

En cas de suspicion de toxi-infection alimentaire collective, définie par au moins deux cas groupés liés à une même origine alimentaire, la note DGAL demande de mettre à disposition les menus, les éléments de traçabilité, les enregistrements de refroidissement et de remise en température et les plats témoins. C'est le moment où la qualité de vos enregistrements se mesure.

L'arrêté du 21 décembre 2009 impose aussi au responsable d'établissement de déclarer sans délai ces situations à l'agence régionale de santé et à la direction départementale de la protection des populations. Votre plan de maîtrise sanitaire doit contenir la procédure correspondante, avec les contacts d'urgence.

Ce que Staff Meal prend en charge

Staff Meal est une application d'exploitation pour les établissements de 15 personnes et plus. Elle ne gère pas les prescriptions diététiques des patients et ne se branche pas sur des sondes. Elle organise le travail de contrôle de l'équipe et en garde la preuve.

L'application est en bêta privée : 50 établissements sont accompagnés sur place pour la mise en route.

Par où commencer

  1. Listez les étapes que votre plan de maîtrise sanitaire classe en points critiques ou en points à surveiller : refroidissement, remise en température, plats témoins, réception.
  2. Pour chacune, fixez le poste, l'horaire, la valeur attendue et l'action corrective si elle n'est pas atteinte.
  3. Commencez par la cuisine de production, puis étendez aux offices d'étage avec la même grille.
  4. Après un mois, lancez un audit interne noté par section pour repérer les postes qui dérivent.

Pour le cadre général, consultez notre page pilier sur l'HACCP et la checklist d'inspection. Si votre établissement produit pour plusieurs sites, la page cuisine centrale traite l'agrément et le transport.

Pour aller plus loin

et si l'outil le faisait

Staff Meal

L'application d'exploitation des établissements à partir de 15 employés, cuisines de santé comprises. Cinquante établissements accompagnés sur place.

Postuler à la bêta

Questions fréquentes

La digitalisation du PMS est-elle obligatoire à l'hôpital ?

Non. Le règlement (CE) n° 852/2004 impose des documents et des dossiers qui prouvent l'application du plan de maîtrise sanitaire, sans imposer de support. Le papier reste légal. Le numérique ajoute l'heure, l'auteur et la photo, que le papier ne garantit pas.

Combien de temps garder les plats témoins en EHPAD ?

Au moins cinq jours après la dernière présentation au consommateur, entre 0 et +3 °C, selon l'arrêté du 21 décembre 2009. La note DGAL N2011-8117 fixe la quantité entre 80 et 100 g par plat, prélevés en fin de service.

Faut-il un plat témoin pour les textures mixées ?

En office satellite, oui : la note DGAL N2011-8117 classe le mixage et le moulinage parmi les manipulations qui imposent un plat témoin. La simple remise en température n'en impose pas.

Quelle est la règle de refroidissement rapide en cuisine collective ?

La température à cœur doit passer de +63 °C à +10 °C en moins de deux heures, puis le produit est stocké entre 0 et +3 °C. Des valeurs différentes ne sont admises que si votre analyse des dangers les justifie.

Peut-on remettre en température un plat deux fois ?

Non. Un plat refroidi destiné à être servi chaud est consommé le jour de sa première remise en température, sinon il est éliminé. La note DGAL exclut tout second refroidissement.

Qui prévenir en cas de suspicion d'intoxication alimentaire collective ?

L'arrêté du 21 décembre 2009 impose de déclarer sans délai à l'agence régionale de santé et à la direction départementale de la protection des populations. Les plats témoins, les menus et les enregistrements de température doivent être tenus à disposition.

Sources